Le déni de grossesse est souvent vécu comme honteux et les femmes qui le vivent sont souvent pleines de culpabilité. Voici donc quelques pistes pour soutenir concrètement une femme qui vit ou a vécu un déni de grossesse.
1- Proposer un suivi médical post accouchement
Même si la grossesse n’a pas été suivie, il est essentiel de :
- Faire un bilan de santé pour la mère (post-partum, hormones, contraception …)
- Proposer un accompagnement pédiatrique à l’enfant
2- Accueillir sans jugement
Beaucoup vivent un sentiment de honte, de culpabilité, de peur de ne pas être crues. Elles peuvent redouter la réaction de leur conjoint, de leur famille et / ou du personnel médical.
- Écouter avec bienveillance sans chercher à rationnaliser : les phrases comme « Comment n’as-tu pas pu savoir ? » sont donc à éviter.
- Valider ses émotions : « Tu as vécu quelque chose de très particulier. », « Tu n’es pas seule. »
- Rappeler que le déni n’est pas volontaire.
3- Orienter vers un accompagnement psychologique adapté
Pour :
- Comprendre ce qui s’est passé psychiquement (puisque le déni de grossesse est un mécanisme de défense inconscient)
- Apaiser le choc post-découverte ou post-accouchement
- Aider à établir un lien avec l’enfant (si nécessaire)
- Travailler sur la culpabilité ou la peur d’être une « mauvaise mère »
Qui consulter ?
- Des psychologues ou psychiatres spécialisés en périnatalité
- Des CMP (Centres Médico-Psychologiques)
- Des services de psychiatries dans les CHU
4- Soutenir la parentalité
Certaines mères ressentent une distance émotionnelle avec leur bébé, voire un rejet.
Des solutions existent :
- L’accompagnement d’une sage-femme à domicile ou en consultations mère / bébé (en post-partum immédiat)
- Des ateliers d’attachement mère / enfant
- Du soutien à la parentalité (PMI, associations)
5- Orienter vers des groupes de paroles ou des associations
Parler avec d’autres femmes ayant vécu un déni de grossesse permet de se sentir moins seule et moins isolée.
En France :
- Le CHU de Lille est le pionnier des groupes de paroles spécialisés
- Des associations comme Maman Blues soutiennent les mères en souffrance post-partum
6- Offrir un accompagnement social et juridique
Certains dénis peuvent être liés à des contextes sociaux complexes : précarité, violence conjugale, abandon, etc.
Dans les cas les plus graves (infanticides, retrait d’enfant, etc.), un soutien juridique peut s’avérer nécessaire, via :
- Des assistantes sociales hospitalières
- Des associations de défense des droits des femmes et des mères
- Une aide juridictionnelle si besoin de défense
Pour mieux comprendre le déni de grossesse, je vous invite à lire l’article Le tabou du déni de grossesse et à écouter l’épisode de podcast d’Un Corps à Écouter dans lequel Marie raconte le déni de grossesse qu’elle a vécu.
Céline.